Politique

Anatomie des 34 listes pour les européennes

Si les députés européens n’ont que peu de pouvoir, les élections européennes ont le mérite de permettre d’évaluer le rapport de force entre les différentes formations politiques au niveau nationale. Pour ces premières élections depuis l’arrivée de la République en Marche au pouvoir, pas moins de 34 listes- un record- ont été déposées.

Tour d’horizon des différentes  listes pour comprendre leurs positions et analyser les enjeux de ces élections.

Une gauche radicale en perte de vitesse

Lors de la dernière présidentielle, la gauche de la gauche avait dépassé les 20% grâce au très bon score de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise. Si dans les premiers sondages datant de mi-2018, la gauche radicale semblait pouvoir dépasser les 15%, cela devient de plus en plus compromis car elle ne dépasse désormais les 10% dans aucun sondage. Le mouvement devrait néanmoins conserver le leadership au sein de cette famille politique représentée par 6 listes pour ces élections européennes.

La France Insoumise : la liste est menée par Manon Aubry, militante associative et porte-parole d’Oxfam sur les questions de lutte contre l’évasion fiscale et les inégalités. La campagne a souffert des polémiques et des départs qu’elle a subi depuis le début. LFI a néanmoins pu passer une alliance avec la Gauche Républicaine et Socialiste qui regroupe d’anciens membres de l’aile gauche du Parti Socialiste, dont Emmanuel Maurel qui figure en 6e position sur la liste, et le Mouvement Républicain et Citoyen créé par Jean-Pierre Chevènement (qui l’a quitté en 2015). Désormais créditée légèrement au dessus des écologistes, entre 8% et 10%, l’enjeu pour les Insoumis sera de dépasser les 10% et d’être la première force de gauche devant EELV.

Pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent : la liste du Parti Communiste Français (PCF) menée par Ian Brossat, maire-adjoint  à Paris auprès d’Anne Hidalgo chargé du logement, partage de nombreux combats communs avec LFI mais lui reproche son euroscepticisme. Composée à 50% d’ouvriers et d’employés, dont, en 2e position, Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière dans le textile et figure du film Merci Patron de François Ruffin, la liste du PCF est une liste d’ouverture. On y retrouve ainsi l’ancienne gagnante du prix Goncourt 2017, Maryam Madjidi ou encore la co-présidente du Conseil démocratique kurde de France, Claire Cémile Renkliçay. Elle est soutenue par les ex-chevènementistes de République et Socialisme et par plusieurs partis communistes d’outre-mer. Crédités de 2% à 4% dans les sondages, l’enjeu pour les communistes est d’atteindre le seuil de 3% – synonyme de remboursement.

Lutte ouvrière – contre le grand capital, le camp des travailleurs : menée par Nathalie Arthaud, la liste de Lutte Ouvrière, nom d’usage de l’Union Communiste [Trotskiste], entend représenter une alternative plus radicale au PCF et à LFI. Unique liste d’extrême-gauche trotskiste depuis le retrait du Nouveau Parti Anticapitaliste, qui a appelé à voter pour elle, la liste de LO n’est créditée que de 1% à 1,5% et entend avant tout faire entendre sa voix.

Parti révolutionnaire communistes : ce parti, dont le nom signifie que les mouvements « Communistes » ont une vocation révolutionnaire, d’où son orthographe étrange, est l’un des nombreux partis « marxiste-léninistes » issus d’une scission du PCF, accusé à partir de la chute de l’URSS d’avoir abandonné le communisme historique. Déjà présent aux élections européennes de 2014, il avait réalisé 0.02% des voix.

Décroissance 2019 : présentée par le Parti Pour la Décroissance (PPD), cette liste défend une écologie radicale anticapitaliste basée sur le concept de décroissance selon lequel la croissance économique apporte plus de nuisances que de bienfaits à l’humanité. En 2014, les décroissants avaient réalisé 0.02% des voix.

Démocratie participative : présentée par le petit mouvement La Révolution Est En Marche (LREEM), cette liste entend « créer une passerelle entre la banlieue et les gilets jaunes », lutter pour une Europe solidaire et internationaliste et contre le « système républicain et néolibéral ».

Une gauche affaiblie depuis l’échec de la présidentielle

Alors même que le Parti Socialiste (PS) était au pouvoir jusqu’en 2017, la « gauche de gouvernement » est sortie très affaiblie de la dernière élection présidentielle. Le PS s’est effondré et devrait être dépassé par les écologistes qui ont pris une orientation clairement centriste. La gauche et les écologistes sont divisés en 4 listes.

Europe écologie : sous l’impulsion de sa tête de liste, Yannick Jadot, la liste présentée par Europe écologie Les Verts a pris une orientation plus centriste, calquée sur celle des écologistes allemands, se déclarant ni de gauche, ni de droite et prônant l’économie sociale de marché dans une Europe fédérale. Fidèle à cette orientation, les écologistes se sont alliés à l’Alliance écologiste Indépendante, mouvement écologiste centriste, et à la coalition Régions et Peuples Solidaires qui regroupe des mouvements régionalistes. Entre 7% et 8% dans les sondages, les écologistes sont devant le PS mais ont été dépassés par LFI. L’enjeu pour eux sera d’atteindre les 10% et d’être la première force identifiée à gauche.

Envie d’Europe écologique et sociale : La liste du mouvement Place Publique, créé par l’essayiste Raphaël Glucksmann, a reçu le soutien du Parti Socialiste, de Nouvelle Donne, scission du PS créée par Pierre Larrouturou, et du Parti Radical de Gauche, de centre gauche. Son objectif de fédérer l’ensemble de la gauche est donc un échec et la liste est désormais en difficulté dans les sondages, oscillant entre 5% et 6%. Passer sous la barre des 5%, et donc échouer à obtenir des députés européens, serait un terrible échec pour les socialistes.

Liste citoyenne du Printemps européen avec Benoît Hamon soutenue par Génération.s et DiEM25 : cette liste regroupe Génération.s, scission du PS créée par la figure de son aile gauche, Benoit Hamon, et le Mouvement pour la démocratie en Europe 2025 (DiEM25), mouvement européen créé par l’ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis. Situé entre le PS et LFI, Génération.s est crédité de 2% à 3% et joue son existence. En effet, passer sous la barre des 3% pourrait signifier sa disparition.

Urgence Ecologie : cette liste écologiste indépendante est menée par Dominique Bourg, président du conseil scientifique de la Fondation Nicolas-Hulot. Elle a obtenu le soutien de plusieurs partis écologistes historiques, Génération écologie, plus vieux parti écologiste français dirigé par l’ancienne ministre socialiste de l’écologie Delphine Batho, Les Ecologistes – Mouvement Ecologiste Indépendant du centriste Antoine Waechter, France Ecologie, anciennement proche de Jean-Louis Borloo, l’Union des Démocrates et des Ecologistes de Jean-Luc Bennahmias, ancien proche de François Bayrou et du Mouvement des Progressistes de l’ancien communiste Robert Hue. Elle fait partie des petites listes qui atteignent régulièrement 1% dans les sondages.

Le centre dominé par La République En Marche

Longtemps réduite à une force d’appoint pour la gauche ou la droite, le centre français est devenu une force politique de premier plan avec la victoire d’Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017. Malgré la baisse de popularité de l’exécutif, le centre, quasiment unifié derrière le parti présidentiel, est pour le moment assuré de dépasser les 20%, voire les 25%. Trois listes centristes sont en lice.

Renaissance soutenue par La République en marche, le MoDem et ses partenaires : La liste de La République En Marche menée par Nathalie Loiseau est parvenue à fédérer largement autour d’elle. Elle a ainsi reçu des soutiens venus du centre (le Mouvement Démocrate, le Mouvement Radical [Social-Libéral], l’Alliance Centriste), de la droite modérée (des personnalités comme Jean-Pierre Raffarin et le mouvement Agir – La Droite constructive qui regroupe d’anciens membres des Républicains) et de l’écologie (les anciens eurodéputés Daniel Cohn-Bendit et Jean-Paul Besset, le député Pascal Durant, proche de Nicolas Hulot). Pour le moment au coude à coude avec le Rassemblement National entre 22% et 23%, l’objectif pour cette liste est simple : être première et faire le score le plus élevé possible pour relégitimer un gouvernement de plus en plus contesté.

Les Européens : La liste de l’Union des Démocrates et Indépendants est la seule liste centriste à s’opposer à LREM. Alors qu’elle regroupait de nombreux partis centristes, cette coalition fondée par Jean-Louis Borloo, qui a depuis pris sa retraite politique, n’est désormais plus composée que d’un parti politique, la Force Européenne Démocrate de son président et tête de liste Jean-Christophe Lagarde. Peinant à exister face à LREM, l’UDI oscille pour le moment entre 1.5% et 2%. Pour gagner son pari et exister entre LREM et LR, l’UDI devra au moins atteindre le seuil de remboursement de 3%.

Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité : cette liste présentée par un parti jusqu’alors inconnu, l’Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité, propose une politique classique de centre-droite libérale et fédéraliste européenne et de créer une “Europe politique.”

Une droite affaiblie mais en dynamique

En 2017, la victoire était promise à la droite mais l’affaire Fillon a conduit à la victoire d’Emmanuel Macron. Depuis, Les Républicains peinaient à exister. Leur aile modérée s’était ralliée à Macron, leur aile radicale était tentée de rejoindre Dupont-Aignan ou Le Pen et les sondages leur donnaient moins de 10% fin décembre 2018. Le choix du philosophe catholique François-Xavier Bellamy, dont le conservatisme permet à LR de grignoter sur l’éléctorat de Debout la France, est venu changer la donne. Désormais quasiment assurés de la troisième place avec près de 15% des voix et unique liste de droite modérée, Les Républicains peuvent espérer incarner l’alternative au duo Macron / Le Pen.

“l’enjeu pour la liste LR est maintenant d’atteindre les 15% et de réduire au maximum l’écart avec LREM et le RN qui cherchent à créer un nouveau bipartisme progressistes/nationalistes”

Union de la droite et du centre : la liste de Les Républicains est la seule liste entre la droite radicale et le centre. Elle a par ailleurs reçu le soutien d’un certain nombre de mouvements de droite et du centre-droit, Le Nouveau Centre – Les Centristes d’Hervé Morin, Chasse Pèche Nature et Tradition et les écologistes de droite d’Ecologie Réaliste. Cela fait d’eux les seuls occupants d’un espace politique assez large. Grâce à « l’effet Bellamy », l’enjeu pour la liste LR est maintenant d’atteindre les 15% et de réduire au maximum l’écart avec LREM et le RN qui cherchent à créer un nouveau bipartisme progressistes/nationalistes.

La droite radicale dominée par le Rassemblement National

La droite de la droite est devenue, au fur et à mesure de la montée du Front National puis du Rassemblement National, l’une des deux principales forces politiques du pays. Néanmoins, l’échec de Marine Le Pen lors du second tour de l’élection présidentielle, et notamment sa mauvaise prestation lors du débat de l’entre-deux tours, a fait naître l’idée que le RN était incapable de prendre le pouvoir, ce qui a entraîné la multiplication de listes cherchant à créer une alternative au RN. Si, pour le moment, le RN continue de dominer largement, sept listes occupent désormais l’espace de la droite radicale et des souverainistes.

Prenez le pouvoir, liste soutenue par Marine Le Pen : pour mener sa liste, le Rassemblement National a choisi Jordan Bardella, 23 ans, dirigeant de la branche jeunesse du RN, Génération Nation. S’il bénéficie de la recomposition qui a suivi la victoire de Macron, et qui tend à recréer un bipartisme faisant de lui l’opposant numéro 1 à LREM, le RN n’est pas parvenu à rassembler autour de lui et à élargir sa liste. Seule fait exception La Droite Populaire composée de transfuges de LR comme Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud. Au coude à coude avec LREM, l’enjeu pour le RN serait de dépasser le parti présidentiel pour s’imposer comme l’alternative la plus crédible à Macron.

Le courage de défendre les français avec Nicolas Dupont-Aignan : Les Amoureux de la France est une coalition créée par Nicolas Dupont-Aignan pour favoriser l’émergence d’une union des droites, c’est à dire d’une alliance allant de LR au RN. Si, au départ, la liste avait obtenu le soutien de personnalités de la droite radicale comme Paul-Marie Coûteaux, Emmanuelle Ménard ou encore Patrick Buisson et bénéficiait d’une réelle dynamique jusqu’à talonner LR avec un score de 7% à 9%, la situation est désormais plus compliquée. Les polémiques générées par Dupont-Aignan, la rupture avec l’Institut des Libertés de Charles Gave qui devait financer sa campagne puis avec le Parti Chrétien-Démocrate ainsi que le succès de Bellamy a contribué à grandement affaiblir la coalition. Désormais réduite à Debout la France, le parti de Dupont-Aignan, et au petit Centre National des Indépendants et Paysans, la liste des Amoureux de la France oscille entre 3% et 4%. Il lui faut maintenant absolument atteindre les 5% pour avoir des élus, ou au moins les 3% pour éviter la ruine, si Debout la France veut continuer à exister entre LR et le RN.

Ensemble pour le Frexit : l’Union Populaire Républicaine de François Asselineau n’est pas à proprement parler une liste de droite. Elle regroupe des souverainistes de gauche et de droite autour de la volonté commune de sortir de l’Union européenne et de préserver les acquis du CNR, notamment l’Etat providence et les services publics. Elle ne s’exprime pas sur les autres sujets. Atteindre les 3% pour être remboursée et s’imposer dans le paysage politique serait une victoire pour cette liste qui pour le moment ne dépasse pas 1.5% dans les sondages.

Ensemble Patriotes et Gilets jaunes : pour la France, sortons de l’Union européenne : Les Patriotes, mouvement créé par l’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, juste après son départ du RN, joue son existence lors de cette élection. Ayant choisi de recentrer son discours sur le Frexit (la sortie de l’Union Européenne), qu’il est le seul  à proposer avec l’UPR, Les Patriotes tente de se démarquer du RN. Se faisant, son discours se rapproche beaucoup de celui de l’UPR, bien qu’il s’en démarque sur l’écologie et la lutte contre l’immigration, thèmes que n’aborde pas l’UPR. S’il a bénéficié du ralliement d’une petite liste de gilets jaunes, Jaunes & Citoyens, Les Patriotes est en difficulté dans les sondages où il ne dépasse pas les 2.5%. Atteindre 3% est pourtant vital pour la jeune formation si elle veut perdurer.

La Ligne claire : pour la première fois depuis longtemps, des listes situées à la droite du Rassemblement National se présentent aux élections. Dénonçant la « dédiabolisation » du RN, elles cherchent à attirer les électeurs les plus radicaux. La liste de « La Ligne claire » est menée par l’écrivain Renaud Camus, président du Parti de l’Innocence et théoricien du « grand remplacement », par la gilet jaune mutilée par la police Fiorina Lignier et par Karim Ouchikh, président du parti catholique et identitaire Souveraineté Identité Et Libertés. Si cette liste dénonce le refus du RN de parler de « grand remplacement » et de « remigration » et de reconnaître l’incompatibilité supposée entre la France et l’islam, elle a exclu quelques jours avant le dépôt des listes certains de ses membres pour racisme et anti-christianisme, refusant ainsi de tendre la main aux éléments les plus radicaux de l’extrême-droite. Malgré la relative notoriété de son leader, il est peu probable que cette liste atteigne ne serait-ce que 1%.

Liste de la reconquête : de toutes les listes à avoir concouru aux élections européennes depuis 1979, aucune n’était plus radicale que celle présentée par la Dissidence Française. Ce mouvement nationaliste prônant un coup d’Etat militaire et la remigration des Français non-blancs, s’adresse aux franges les plus radicales de l’extrême-droite française. Il se réfère au groupe néofasciste italien CasaPound. S’il devrait bénéficier du soutien des groupes nationalistes les plus radicaux (Les Nationalistes issus de l’Oeuvre Française l’Action Nationale et Radicale et des groupes identitaires comme Terre & Peuple et la Ligue du Midi ont déjà exprimé leur soutien), il est peu probable que son positionnement radical séduise au delà de la très réduite sphère raciste française.

Une France royale au cœur de l’Europe : fidèle à son habitude, l’Alliance Royale présente une liste dont le programme ressemble au reste de la droite radicale à une exception près, la restauration de la monarchie en France. Si le mouvement royaliste bénéficie depuis les années 2010 d’un certain dynamisme de l’Action Française, plus vieux mouvement politique français et principale organisation royaliste française, il est peu probable que l’Alliance Royale fasse mieux que les 0.02% de 2014.

Une multitude d’autres listes

Pas moins de 15 listes pouvant difficilement être classées sur le clivage gauche/droite se présentent à ces élections européennes. A l’exception des listes « gilets jaunes » et éventuellement du Parti Animaliste, il est très peu probable que ces listes parviennent ne serait-ce qu’à atteindre 1%. Elles peuvent être divisées en trois catégories :

Les listes « gilets jaunes » : trois listes proches du mouvement des gilets jaunes se présentent à ces européennes : le Mouvement pour l’Initiative Citoyenne issu d’un mouvement antérieur prônant le Référendum d’Initiative Citoyen (RIC), Evolution citoyenne menée par Christophe Chalençon et Alliance jaune, la révolte par le vote qui combine plusieurs initiatives et est menée par le chanteur Francis Lalanne. Cette dernière est la seule à se revendiquer explicitement des Gilets Jaunes et est de loin celle qui a le plus de potentiel. En effet, si aucune de ces listes n’a le soutien de gilets jaunes connus, Francis Lalanne peut compter sur sa propre notoriété pour faire connaître sa liste. De plus, l’Alliance écologiste Indépendante, pourtant alliée d’EELV mais dont est membre Francis Lalanne, a fourni 800 000 euros à cette liste, ce qui lui assure de pouvoir financer ses bulletins et sa campagne. Atteindre les 3% serait une réussite pour l’Alliance Jaune, qui ne dépasse pour le moment pas les 1%, et permettrait à l’AEI d’être remboursée.

Une Europe au service des peuples : Présentée par l’Union des Démocrates Musulmans de France, cette liste est difficile à classer. Si officiellement l’UDMF évoque tous les sujets et affirme s’adresser à tous les Français, son programme est très centré sur les questions liées à l’islam (défense du halal, remise en cause de l’interdiction des signes religieux à l’école, lutte contre “l’islamophobie”, soutien à la “cause palestinienne”…). Elle a d’ailleurs adouci son discours en retirant les éléments les plus polémiques (défense de la finance islamique, remise en cause de l’interdiction du voile intégral, dénonciation d’un “racisme d’état”…) ce qui n’empêche pas de nombreux médias de la considérer comme une liste communautariste. Le journaliste Laurent de Boissieu va même jusqu’à la décrire comme une liste islamiste. En effet les dirigeants de l’UDMF n’hésitent pas à donner des interviews dans des médias musulmans assez radicaux comme Islam&Info. L’organisation était présente au dernier Salon du Bourget, rassemblement annuel organisé par l’Union des Organisations Islamiques de France souvent accusée d’être l’émanation française des Frères Musulmans, une organisation islamiste internationale.

Les listes à thèmes : ces listes se présentent pour défendre un thème précis. Leur but n’est pas de proposer un projet global pour la France ou l’Europe mais de sensibiliser les Français sur une question en particulier. Un mouvement se démarque au sein de ces différentes listes et pourrait éventuellement émerger pendant la campagne : la liste du Parti Animaliste qui entend défendre les droits des animaux. Il est le seul à disposer d’une base solide d’adhérents (2 000 revendiqués) et surtout d’un financement public du fait des résultats corrects obtenus dans les 142 circonscriptions où il se présentait lors des élections législatives de 2017. Il est aussi le seul à dépasser 0.5% (et à atteindre régulièrement 1%) dans les sondages. Les autres listes sont présentées par des mouvements de taille bien plus réduite et auront beaucoup de mal à faire campagne. Le Parti Pirate se préoccupe principalement de questions liées au numérique et notamment aux libertés fondamentales sur Internet et au droit d’auteur. Europe Démocratie Espéranto présente une liste « Espéranto – langue commune équitable pour l’Europe » pour défendre l’usage de l’espéranto comme langue commune des Européens. Allons enfants veut représenter la voix de la jeunesse. Les listes « PACE – Parti des Citoyens Européens » et « Parti Fédéraliste Européenpour une Europe qui protège ses citoyens » défendent le fédéralisme européen. La liste « à Voix égales » menée par l’ancienne avocate de Jacqueline Sauvage veut défendre l’égalité femmes-hommes. La Coordination Nationale Des Indépendants présente une liste « Les Oubliés de l’Europe – Artisans, Commerçants, Professions Libérales et Indépendants – ACPLI » pour défendre les intérêts de ces catégories professionnelles. Enfin la liste « Neutre et Actif » entend lutter contre l’abstentionnisme.

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Pour résumer, la situation des 34 listes présentes pour ces élections européennes diffère fortement. En tête, La République en Marche et le Rassemblement luttent pour la première place. Si pendant la campagne, LREM devançait son rival, le rapport de force s’est inversé pendant les dernières semaines de la campagne et c’est désormais le RN qui est en tête dans les sondages. Les Républicains semblent être assurés de la troisième place et peuvent espérer atteindre les 15%. Derrière ces trois listes, La France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts se disputent la première place parmi les listes de gauche. La France Insoumise devance pour le moment les écologistes dans les sondages. Le Parti Socialiste et ses alliés,  quant à eux, luttent pour ne pas passer sous la barre des 5%. Les autres listes devraient avoir du mal à obtenir des députés. Le seuil de 3%, nécessaire pour être rembourser, semble pouvoir être atteint par Debout La France, le Parti Communiste Français et éventuellement Les Patriotes et Générations.s. Les autres listes devraient réaliser un score anecdotique, même si Lutte Ouvrière, l’Union Populaire Républicaine, l’Union des Démocrates et Indépendants, l’Alliance Jaune, Urgence Ecologie et le Parti Animaliste peuvent espérer se démarquer par un score approchant, voire dépassant, 1% des voix.

Article réalisé par Raphaël Sandro.

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