Les gilets jaunes : un mouvement offensif et défensif.

 

Les gilets jaunes sont dans une position politique paradoxale.

Ils voulaient simplement conserver leur niveau de vie et ils ont changé la donne politique.

Ils étaient nostalgiques d’un compromis social rongé par la crise, ils désirent maintenant faire table rase du système politique. Ils étaient parfois abstentionnistes, dépolitisés, blasés, ils veulent désormais décider de tout. Ils ont unifié la nation en même temps qu’ils ont révélé les clivages sociaux. Ils étaient invisibles dans leur propre pays et ils expriment une rage collective ressentie dans toute l’Europe. Ils sont idéologiquement solidaires mais leur puissance est électoralement éparpillée.

Figures sociales éloignées géographiquement, écartées des centres économiques et des idéopôles, les gilets jaunes ont signalé la présence active de la France Périphérique.

Paupérisés par les délocalisations et la disparition des services publics, ils ont commencé leur mobilisation sur un mode social-économique défensif. Ils n’exigeaient pas, initialement, des réformes ambitieuses, mais la défense d’acquis, le maintien d’un certain état qu’on peut qualifier d‘économiquement conservateur. Une posture statique qui tranche avec le socialisme scientifique théoriquement basé au XIXe siècle sur l’essor démographique du prolétariat. Le communisme s’appuyait sur la dynamique quantitative de la force sociale ouvrière, au coeur de l’économie industrielle, pour prophétiser un grand soir révolutionnaire. Nul prométhéisme en fin d’année 2018, mais la nécessité de s’organiser collectivement pour défendre un niveau de vie minimum.

Dans ce contexte, la taxe sur l’essence et le gasoil a joué un rôle catalyseur. Justifiée au nom de la transition écologique – en réalité fiscalité de dépannage pour compenser les baisses de cotisations des entreprises dues au Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi – elle a cristallisé les tensions entre un monde qui se préparait et celui qui est relégué aux marges.

Enjeu montant, l’impératif écologique avait été mis en lumière en 2018 par la démission de Nicolas Hulot et la multiplication des dérèglements climatiques. Mais la traduction politique d’années de débat autour de l’avenir de la planète et de documentaires écologiques de Mélanie Laurent apparaissait sous la forme d’une écologie bien particulière. A défaut du progrès social, le progrès environnemental, comme l’Europe lors du référendum de 2005, était mobilisé comme mythe progressiste de substitution. Compatible avec le capitalisme, passée par un processus de dépolitisation et d’adapation aux aspirations post-industrielles des classes urbaines victimes de la pollution, une taxe sur le carburant faisait l’affaire. L’affaiblissement du Parti Social-Démocrate allemand, équivalent électoral d’En Marche, à la faveur du parti des verts, le Grüne, avait scellé cet agencement politique. Destiné à éviter la reproduction du schéma d’outre-rhin, l’enjeu écologique allait être adapté aux désidératas de la bourgeoisie et servir de mécanisme de sanction anti-populaire.

« Cette France sur le déclin économique est parvenue pendant deux mois à renverser le scénario établi »

Mais cette France sur le déclin économique est parvenue pendant deux mois à renverser le scénario établi. Elle a, d’une certaine façon, repris l’avantage, ou, du moins, elle a contre-attaqué. 

« Je suis contre la violence, mais que valent quelques voitures de luxe brûlées au regard de la violence structurelle des élites françaises et mondiales ? »

 

La France des gilets jaunes a redéfini les clivages politiques, arbitrant entre ceux qui se rangeaient à ses côtés et ceux qui décidaient de l’affronter, et obligeant chacun à se positionner.  Elle a renversé le débat : plus personne n’ignore que ce qui se joue derrière cette mobilisation sans précédent est le rapport de force entre le haut et le bas de la société. Elle a reçu des soutiens de vedettes inattendues, comme Uma Thurman, Pamela Anderson, ou encore Laetitia Casta. Elle a inspiré des mouvements étrangers, notamment en Serbie, en Belgique, en Israël, en Irlande, au Portugal. 

cc by Romy Arroyo Fernandez / Nur Photo / AFP

Ces classes sociales, culturellement méprisées, et dont les revendications semblaient éloignées à jamais du politiquement possible, sont revenues sur le devant de la scène en tant qu’actrices historiques, donnant raison à Karl Marx lorsqu’il affirmait : “c’est le mauvais côté de la société qui produit le mouvement qui fait l’histoire en constituant la lutte.”

Les gilets jaunes ont d’abord investi physiquement, matériellement, les ronds-points, les péages, avant de déborder sur les Champs-Elysées. Puis Ils se sont emparés de la parole publique, avec l’aplomb des résolus et l’éloquence de ceux qui ont tout à gagner. Sur les plateaux de télévision et les chaînes de radio, ils ont interrompu la hiérarchisation classique du champ médiatique. Puissante subversion symbolique, quand une aide-soignante tient la dragée haute à des députés recrutés sur Curriculum Vitae. Dans son septième cahier de prison, Antonio Gramsci constatait qu’un mouvement historique n’est mûr que dans la mesure où il parvient à être transgénérationnel et que les femmes y participent. Très féminin, divers dans sa composition, le mouvement a également réussi à démontrer que les classes populaires ne correspondaient pas aux représentations sociales réactionnaires longtemps projetées par les dominants politiques et culturels.

« La compréhension des mécanismes de domination et des rapports de force symboliques qui ordonnent notre société est montée d’un cran »

Un terme n’est pas revenu à l’utilisation par hasard dans ces derniers mois : le mépris de classe. Synthétisant le traitement réservé aux gilets jaunes par le discours officiel, dépeints en “gars qui fument des clopes et roulent au diesel “ par le porte-parole du gouvernement, ou “ foule haineuse “ par le Président de la République lui-même, le recours récurrent à ce concept depuis deux mois signifie deux choses.

D’abord, que la compréhension des mécanismes de domination et des rapports de force symboliques ordonnant notre société est montée d’un cran. Ensuite, que la séquence de “beaufisation”, la séquence du français moyen représenté comme un passéiste imbécile, est en passe de s’achever. Cette séquence accompagnait celle de la contre-révolution conservatrice et la mondialisation de l’économie. Elle avait mis un terme à l’ouvriérisme, hégémonique dans certains secteurs de production culturelle, glorifiant la figure du prolétaire. Le prolétariat potentiel des pays du tiers-monde pouvant remplacer, par la délocalisation, le prolétariat syndicalisé du monde occidental, la dévalorisation symbolique accompagnait et justifiait la bifurcation économique. La prise de conscience par la bourgeoisie que le compromis n’était plus nécessaire avec ces classes historiquement mobilisées et conscientisées, et donc gênantes, autorisait l’expression sans fard de son mépris social.

« Les gilets jaunes ne se prennent pas pour des héros, ni pour des moins que rien, mais peut-être que pour la première fois, ils racontent l’histoire qu’ils font »

Jean Gabin, dans le Jour se lève de Marcel Carné, figure du prolétaire mythifié.

Le français moyen revient sous la figure renouvelée du gilet jaune, une figure permettant un traitement culturel plus lucide, moins excessif, moins essentialisant que les précédents, parce qu’auto-produit. Cette production immédiate est permise par les canaux discursifs participatifs que sont les réseaux sociaux et par l’absence de représentants issus d’autres univers culturels.

Les gilets jaunes ne se prennent pas pour des héros, ni pour des moins que rien, mais peut-être que pour la première fois, ils racontent l’histoire qu’ils font.

Le “mauvais côté” de l’histoire a fait reculer le gouvernement, forcé d’abandonner sa taxe inique et de donner un apparence sociale à son quinquennat. Après des années d’échec des luttes sociales, pourtant massives (citons, pêle-mêle, les mouvements lycéens contre la loi Darcos en 2008, la manifestation contre l’allongement du départ à la retraite en 2010, Nuit Debout et le mouvement contre la loi travail en 2016), pour la première fois depuis plus de 10 ans, la rue fait céder le pouvoir.

 

Linéaments idéologiques du gilletisme. 

A chaque situation sociale et économique correspond la production d’une idéologie. La France des gilets jaunes s’est-elle emparée du populisme ?

La perception superficielle du populisme le conçoit comme une méthode machiavélique de flagornerie en direction des “ basses couches de la société” , un style, ou un discours démagogique de tribuns proto-dictatoriaux. Le populisme c’est la praxis, c’est-à-dire l’unité théorique et pratique, produite par les classes sociales dominées dans le processus d’antagonisme avec les classes dominantes. C’est l’idéal que se fixe le peuple en action contre les détenteurs du pouvoir économique et institutionnel, lorsque ceux-ci ne sont plus au service de l’intérêt général.

A la différence du communisme, il permet une acception socio-professionnelle plus large qu’une focalisation sur un rôle privilégié joué par la classe ouvrière.

Il permet de s’appuyer sur les valeurs culturelles des paysans, comme pour les Narodniki russes du XIXe siècle, ou d’articuler revendications féministes, anti-racistes et écologiques avec la demande sociale, comme dans la conception de la politologue Chantal Mouffe.

Le populisme des gilletistes a un contenu idéologique relativement cohérent. Il emprunte à diverses traditions, réunies ou dissociées dans l’Histoire selon les contextes. Compris comme un ensemble, les gilets jaunes ont en commun un certain nombre de revendications sociales. Issus de la contestation contre l’injustice évidente du traitement fiscal, le gilletisme est progressivement monté en généralité pour critiquer les privilèges de classes et un système global d’inégalités économiques.

Il fait sien la critique d’un système complet, notamment son versant médiatique verrouillé. Les gilletistes ont été confrontés pour beaucoup à leur premier traitement médiatique et ont été révoltés de voir leur image confisquée et objectivée. Soumis à des méthodes de décrédibilisation sophistiquées, ils partagent la volonté de modifier le fonctionnement asymétrique et partisan du système médiatique.

cc by Patrice CALATAYU

Alors qu’ils réinvestissaient pour la première fois le dispositif urbain, des lieux empruntés au quotidien comme les ronds points, ou des zones symboliques confisquées comme les Champs-Elysées, ils ont fait face à une réponse purement policière et à l’absence d’interlocuteur institutionnel autre que la bouche du lance-grenade lacrymogène. De là provient une demande majeure de démocratie et de libéralisme politique, dans son sens le plus simple : être écouté et décider. En découle également la revendication récurrente du référendum d’initiative citoyenne, le fameux RIC.

Enfin, brandissant la Marseillaise et le drapeau tricolore, protégeant la flamme du soldat inconnu du chaos de l’acte III, appelant les policiers à se joindre à eux, comptant nombre d’anciens militaires, décrochant les drapeaux européens des bâtiments officiels, ils ont fait la démonstration de la spécificité patriotique des gilets jaunes.  Contrastant avec les codes particularistes du monde syndical, ils ont utilisé le sentiment national comme facteur d’identification simple et universel. Réunifiant un peuple décomposé par des années d’égoïsme néolibéral, ils ont réactivé l’imaginaire révolutionnaire national. Ils ont construit un continuum narratif avec l’identité française subversive produite par 1789, 1848, 1871, 1936. Ils ont même prolongé 1968, car, tout en se retournant contre son esprit partiellement individualiste-libertaire, ils sont les héritiers de ses luttes sociétales, féministes et anti-racistes.

« Il semblerait, que la France, soit le premier pays dont le populisme « du pays profond » priorise objectivement la question sociale sur la question identitaire »

Il faut avoir en tête la double dimension d’un processus d’unification nationale, matérielle (la maîtrise physique du territoire) et idéologique (la construction d’un esprit collectif) Le réinvestissement idéologique national actuel ne s’effectue pas dans une perspective horizontale au détriment d’un bouc émissaire, mais dans une perspective verticale-égalitaire dans la remise en question du sommet de l’échelle sociale. La réaction populiste-nationale au capitalisme mondialisé-supranational a deux possibilités : une alliance haut-bas (élite et peuple) contre une partie du bas de la société (immigrée ou minorités) ou une alliance du bas contre le haut. Il semblerait que la France soit le premier pays dont le populisme « du pays profond » priorise objectivement la question sociale sur la question identitaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il l’ignore, ni qu’il la sous-estime. Mais il y a Trump, il y a Bolsonaro, il y a Salvini, et il y a les gilets jaunes, Drouet, Ludovsky, Levavasseur et leur visage n’est pas le même. 

C’est “La France contre les riches“ pourrait-on paraphraser de Georges Bernanos, lui qui rappelait dans La France contre les robots que le peuple français, c’était “ le peuple des barricades.“

 

Diversité et contradictions.

Malgré cette homogénéité idéologique, le mouvement regroupe une forte diversité politique. Dans ses votes exprimés en 2017, on retrouve des électeurs du Front National, de la France Insoumise, mais aussi des forces plus libérales. Cette diversité, qui permet d’accentuer la dimension unificatrice produite par le mouvement, se fait au détriment d’une cohérence politique complète.

cc by Jeanne Menjoulet

L’hétérogénéité politique des gilets jaunes leur a permis un discours d’auto-présentation sous une forme a-politique, et ce, malgré des revendications particulièrement politisées. La demande de modification constitutionnelle est significative, elle qui fut un des grands enjeux de la révolution de 1789 et la promesse initiale du serment du jeu de paume : donner à la France une Constitution. A l’heure où les partis politiques et les acteurs s’y mouvant sont perçus comme servant leurs propres intérêts, cette extra-partisianisme a favorisé une identification globale et la perception d’un dévouement désintéressé.

Une variation sociologique importante caractérise en parallèle le mouvement. Parmi ses soutiens de la première heure figurent notamment  un nombre important de cadres en dehors de Paris, utilisant beaucoup la voiture pour leurs déplacements. Une partie d’entre eux s’en est détournée quand les revendications égalitaires ont commencé à se faire trop prégnantes. La trajectoire d’un journaliste comme Pierre Brunet est à ce titre révélatrice, soutien initial, perplexe, puis soudainement contempteur.

Capture d’écran de la une de Paris Match, avec au premier plan Hervé Ryssen, ex-FN et antisémite notoire.

Le mouvement a également été rallié sur le tard par une frange politisée de la petite bourgeoisie précaire, celle qui avait fait Nuit Debout. Malheureusement, certains ralliements ressemblent à des OPA, notamment celle qu’a tentée le Comité pour Adama. Un tel ajout était pourtant prometteur, dans la perspective d’instaurer un dialogue et une synchronisation, notamment au vu des violences policières croissantes lors des différents actes, thématique à l’origine de l’engagement du collectif. Malheureusement, celui-ci s’est joint aux manifestations du samedi avec des mots d’ordres excluants et des discours clivants, traduisant la méfiance et la volonté de contrôle plus que le soutien. La rhétorique militante usée par Assa Traoré place de la République  « faire sans nous c’est faire contre nous » ; « nous sommes les premiers concernés » , “tous ces gilets jaunes racistes, fachos“ eut à ce titre un effet dévastateur. La présence de personnalités d’extrême-droite telles que Dieudonné ou Hervé Ryssen et l’aide logistique apportée par le Front National dans certaines mairies accentuent cette impression de confusionnisme idéologique et les craintes de voir le mouvement dévier vers du “rouge-brunisme.” Cette crainte d’une entente provisoire entre forces extrêmes opposées pour s’attaquer au pouvoir relève pour l’instant du fantasme, tant le mouvement se conçoit massivement comme a-politique et hors-parti. Également au vu des détestations que se portent extrême-droite et extrême-gauche, et les actes de violence réciproques que se sont portés dans les rues de Paris antifascistes, monarchistes et néo-fascistes. 

Maladresse, récupération ou malveillance, cette hétérogénéité démontre que la capacité des gilets jaunes à articuler et structurer leurs revendications dépendra de finesse pratique, d’intelligence collective, ainsi que d’une mobilisation de thèmes inclusifs et universels. Il leur faudra également parvenir à la compréhension de leur rôle historique, qui est de réconcilier les forces populaires attachées à la question sociale et à la souveraineté, en évitant leur envers, le gauchisme dans sa forme puriste, et le nationalisme.

 

Perspectives : relais ou point de départ ?

Les gilets jaunes pourraient bien être, à terme, le point de départ d’une refonte sociale et d’une reconfiguration politique majeure. 50 ans après Mai 68, un nouveau basculement idéologique de la société française pourrait s’enclencher.

On a retenu de Mai 68 l’image des étudiants bloqués aux portes de l’usine de Boulogne-Billancourt, rejetés par le monde ouvrier. Comme un symbole, c’est aujourd’hui les travailleurs de province qui occupent les Champs-Elysées, Montmartre et le 8e arrondissement et sont ignorés par la classe étudiante. Celle-ci est probablement trop éloignée sociologiquement et culturellement pour se rallier au plus grand mouvement populaire depuis 50 ans et joue pour l’instant un rôle objectivement réactionnaire.

Le soutien massif de long terme qu’ont généré les gilletistes démontre que s’il est un positionnement idéologique capable de mettre un coup d’arrêt au néolibéralisme triomphant, c’est celui-là. Un mouvement issu ou reprenant les principales thématiques des gilets jaunes, démocratie politique et médiatique, justice sociale et économique, souverainetés et identification nationale, peut catalyser ses revendications.

Qui pourra l’incarner ?

« Le mouvement des gilets jaunes apparaît autant comme une aspiration au changement que l’expression d’une incapacité des relais institutionnels-parlementaires à incarner son positionnement politique, une solution et l’expression du défaut »

La France Insoumise est encore freinée par un logiciel d’identification à gauche, malgré ses tentatives de déplacement vers un populisme plus central. Ce bloc de gauche représente à peine un tiers du corps électoral et n’est plus un intermédiaire de clarification des clivages politiques. Très affaibli, il est d’ailleurs divisé sur les gilets jaunes, comme il l’est sur l’Europe, la souveraineté, la géopolitique, le libre-échange, la laïcité. Le Front National, qui tente de surfer sur la vague jaune, s’auto-exclut du jeu républicain par un positionnement politique polarisé et xénophobe. L’extrême-gauche est  passée de 13% des voix aux élections présidentielles de 2002, à 1% en 2017. Les gilets jaunes en cas de liste autonome, oscillent entre 8 et 12% des intentions de vote aux élections européennes. Le jeu politique semble pour l’instant bloqué, et le mouvement des gilets jaunes apparaît autant comme une aspiration au changement que l’expression d’une incapacité des relais institutionnels-parlementaires à incarner son positionnement politique, une solution et l’expression du défaut.

Qu’il se structure ou qu’il reste une méthode d’action, qu’il mute et perdure ou soit assigné à un moment donné de la contestation au macronisme, le mouvement a pourtant réussi son combat à plusieurs égards.

Ayant réunifié le pays dans une lutte verticale contre un pouvoir central dépourvu d’élus locaux et sans projet national, il s’est matériellement et idéologiquement construit contre une oligarchie totale, économique, médiatique, culturelle et politique. L’esprit de Novembre, Décembre et Janvier 2018 se diffusera à terme dans dans le pays, et les déclinaisons de ce choc idéologique se feront sentir dans les espaces politiques et culturels, produisant de nouvelles exigences.

Il permettra le ralliement d’une partie des élites intellectuelles, par opportunisme ou par adhésion, ou par ce subtil mélange des deux qu’on appelle la prise de conscience.

Il reste à savoir si le gilletisme se concevra comme un simple relais de revendications ou le point d’appui d’une organisation massive à la conquête du pouvoir.

La balle est dans son camp.

 

Article réalisé par Baptiste Pyat.

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