Qui sommes-nous

Déclaration de principes

Reconstruire ? Tant est déjà brisé, épuisé, détruit. Voilà longtemps que la gauche et la droite n’évoquent plus rien dans l’esprit des gens ordinaires, sinon peut-être un plan moral à peine suffisant pour distinguer les conservateurs des progressistes. Voilà longtemps que les institutions de la République grincent d’illégitimité, au gré des élections présidentielles remportées par 20% des suffrages exprimés, ou des référendums bafoués. Voilà longtemps que les matrices logicielles des partis politiques ne se rendent pas compte de la rouille qui les traverse, et qui les empêche de fonder le rapport citoyen à même de bâtir un projet dont les méthodes et les vocations soient désirables. Voilà longtemps enfin que le contenant républicain a quelque chose de dissonant.

L’utopie, aujourd’hui, est assez ironiquement du côté de ceux qui veulent tenir le statu quo. Les technocrates du néolibéralisme, les cornucopiens, les élites mondialisées, peuvent nous faire croire ce qu’ils veulent. Un changement de société s’impose à tous ceux qui écoutent les enjeux sociaux, démocratiques, écologiques, devenus trop pressants pour qu’une foi dans le seul progrès technique suffise. Face au constat d’un monde condamné à se défaire, reconstruisons une société écologique et républicaine. Reconstruisons une gauche sociale et populaire. Le citoyen a trop longtemps été tenu à la périphérie des grandes décisions qui engagent notre destin collectif. Reconstruisons les institutions françaises en redonnant les clés de la Cité à son véritable souverain.

Nous sommes portés par la colère. La colère franche, qui dépasse l’angoisse, la paralysie, et qui s’arrête juste avant de nous ôter la rationalité. Elle est notre moteur. Elle est à la mesure de celle que ressentent les habitants de ce pays, où court une colère profonde, un rejet immodéré de l’ordre établi, profondément injuste, et ce, quel que soit le Parti au pouvoir. Il y a aussi une exceptionnelle volonté de reconstruire, de refonder un projet collectif commun autour des valeurs d’une République atteinte en son cœur par des débats qui la déchirent. La preuve à chaque coup que donnent au pouvoir les citoyens qui se reconstituent, sinon en nation, du moins en corps politique vivant et fier.

Faut-il s’évertuer à sauver les mots « socialisme », « gauche », si cela implique d’en accepter les définitions actuelles, largement synonymes de trahison et d’échec ? C’est parce que nous sommes fiers d’être de gauche que nous devons être fiers de lui dire adieu. Et de la rebâtir !